Le jardin des plantes de Nantes occupe 7,3 hectares face à la gare, côté nord. Créé officiellement en 1806 et inauguré en 1860, ce jardin botanique municipal réunit des serres du XIXe siècle, une collection nationale de camélias, des arbres plus que centenaires et les installations de Claude Ponti. Il ouvre tous les jours.
La Ville de Nantes le range parmi les quatre grands jardins botaniques de France et y compte 2,5 millions de visiteurs chaque année. Savant et familier à la fois, il sert aussi de parc de quartier aux Nantais.
Par quelle entrée arriver au jardin des plantes de Nantes
La ligne 1 du tramway s’arrête à la station Gare Nord - Jardin des Plantes, et l’entrée sud, boulevard de Stalingrad, fait face à la sortie nord de la gare. La Ville situe le jardin rue Stanislas-Baudry, l’office de tourisme au 5, rue Écorchard : les deux bordent le même enclos.
Chaque porte a son intérêt :
- l’entrée sud, côté gare, ouvre sur la ménagerie ;
- l’entrée Clemenceau regarde vers la cathédrale ;
- l’entrée d’Allonville, rue Frédéric-Cailliaud, donne sur un bassin ;
- l’entrée Gambetta, en haut du jardin, mène vers l’accueil et les serres ;
- l’entrée de la rue Sophie-Trébuchet ouvre le cheminement conseillé aux personnes à mobilité réduite, le long de la pente naturelle.
L’office de tourisme annonce une ouverture quotidienne dès 8h30, avec une fermeture entre 17h15 et 18h du 1er novembre au 14 mars, puis vers 21h30 ou 22h du 15 mars au 31 octobre. Le jardin ferme la nuit, et la Ville publie ses horaires semaine par semaine : vérifiez-les avant de partir.
L’accueil n’ouvre qu’à partir de 13h30, et dès 10h30 pendant les vacances scolaires. Il tient à disposition une carte des cheminements confortables ainsi que des documents en braille et en relief.
Deux siècles de botanique, du jardin des apothicaires à 1860
Tout commence avec le port. Les navires rapportent des plantes exotiques, et dès 1726 une décision royale confie leur « rafraîchissement » au jardin des apothicaires, près de l’actuelle rue de Budapest, rappelle l’historien Alain Croix dans le Dictionnaire de Nantes.
Le jardin actuel s’amorce en 1806 dans l’ancien enclos des ursulines, sa partie nord d’aujourd’hui. Créé officiellement cette année-là, il passe à la Ville en 1820. Henri Driollet, architecte municipal, le veut à la française. Face à lui, Jean-Marie Écorchard, directeur à partir de 1840, impose des allées sinueuses, des cascades et une « montagne » édifiée en 1848 par plus de cinq cents ouvriers des ateliers nationaux. Le jardin à l’anglaise l’emporte.
Le public reste longtemps trié : un règlement municipal de 1829 prévoit la fermeture les dimanches et jours de fête. La situation se normalise avec l’inauguration de l’été 1860, quand plus de 10 000 visiteurs découvrent le jardin dans la journée, selon le portail patrimonial de Nantes Métropole.
Écorchard meurt en 1882, piqué par une vipère pendant une herborisation avec ses étudiants. Sa statue veille toujours sur le jardin, devenu vers 1900 l’une des promenades préférées des Nantais.

Six serres et une orangerie, en accès libre ou guidé
Les 800 m² de serres justifient à eux seuls le détour. Le portail patrimonial en recense six, plus l’Orangerie, achevée en 1900. La plus ancienne date de 1895, la plus récente de 2013.
Le Palmarium, la doyenne
Décidé en 1895 et mis en service le 15 mars 1896, le Palmarium dresse un pavillon central de 10 mètres de haut entre deux ailes symétriques. Il ne compte pourtant que deux palmiers. Ses chapelles reproduisent des climats tropicaux, de la montagne à la mousson, avec lianes, orchidées et plus de 1 000 épiphytes, ces plantes qui poussent sur d’autres sans les parasiter, d’après la Ville.
Des cactus aux plantes des Canaries
La coupole de la serre des milieux arides vient d’un jardin d’hiver sauvé de la démolition en 1978, et ses ailes ont été bâties pour la donation d’André Camboulive, près de 3 000 cactées et succulentes ; l’ensemble est inauguré en 1983. La serre de l’île aux palmiers, achevée en 2013, sort du même constructeur que le Palmarium.
| Serre | Mode de visite | À regarder |
|---|---|---|
| Palmarium | guidée, mercredi 15h et dimanche 16h, 30 minutes | épiphytes, lianes, orchidées |
| Milieux arides | guidée sur réservation, mercredi 15h30 et dimanche 16h30 | cactées d’Amérique, lithops |
| Tropicale d’exposition | libre, code à demander à l’accueil | plantes carnivores, orchidées |
| Canaries | libre, code à demander à l’accueil | une centaine de plantes de Macaronésie |
| Île aux palmiers | libre | structure ancienne de métal et de verre |
Les visites guidées gratuites partent de l’accueil, avec des places limitées. La Ville précise que le Palmarium et les serres arides ne conviennent ni aux poussettes ni aux fauteuils roulants. La sixième serre, dite équatoriale de culture, reste fermée au public : les jardiniers y cultivent les épiphytes selon une méthode mise au point à Nantes et reprise ailleurs.
Camélias, magnolias, tulipiers : les arbres à repérer
Dehors, le jardin se lit arbre par arbre. Le doyen est le magnolia d’Hectot, plus de 200 ans et 2,30 mètres de tour de tronc. Selon la Ville, le premier Magnolia grandiflora introduit en France, et peut-être en Europe, l’a été à Nantes au début du XVIIIe siècle.
D’autres sujets méritent un arrêt :
- le tulipier de Virginie, qui culmine à 35 mètres, et ses congénères de l’allée des Tulipiers ;
- le pin de Wollemi, planté en 2009, une espèce australienne dont moins d’une centaine de sujets subsistent à l’état sauvage ;
- les cyprès chauves et les gommiers noirs, qui rougissent en octobre ;
- l’arbre au caramel, qui sent le caramel en septembre.
Reste la collection reine. Nantes détient la plus grande collection de camélias de France, 1 300 cultivars, dont 600 variétés au Jardin des plantes. La tradition remonte au milieu du XIXe siècle : le maire Ferdinand Favre remplit de fleurs le train du soir pour Paris, et le lendemain les femmes portent un camélia à la boutonnière, raconte la Ville. La collection du jardin est devenue collection nationale de référence en 2009.
Le travail scientifique continue en coulisses : avec le jardin du Grand Blottereau, le Jardin des plantes propose chaque année environ 1 000 espèces dans son Index Seminum, la liste de graines que les jardins botaniques s’échangent gratuitement.

Claude Ponti, Jean Jullien, Fabrice Hyber : les œuvres du jardin
Entre 2013 et 2017, les services municipaux ont travaillé avec l’auteur jeunesse Claude Ponti, et ses œuvres sont restées. D’autres artistes ont suivi, si bien que la promenade tient de la chasse au trésor. Voici les installations permanentes, d’après la Ville et l’office de tourisme :
- Claude Ponti : huit œuvres, dont le Banc Géant et le Dormanron, visibles au printemps et en été, plus l’aire de jeux Dépodépo, ouverte toute l’année ;
- Jean Jullien : depuis 2020, trois personnages de métal postés aux entrées, l’Observateur dans un arbre près de la gare, le Fileur côté Clemenceau et le Passeur qui traverse un bassin côté Allonville ;
- Johann Le Guillerm : la Racinante, au cœur du jardin depuis l’été 2018 ;
- Fabrice Hyber : l’Homme de bois, colosse de 6,09 mètres installé en 2024 près du Palmarium, taillé dans du bois des parcs nantais, dont des arbres tombés lors de la tempête Ciaran en 2023.
Le patrimoine plus ancien complète la série, avec les statues de Jules Verne et du docteur Écorchard et deux fontaines Wallace installées en 1906. Ces œuvres font écho aux installations semées dans toute la ville, que notre sélection des lieux à visiter à Nantes replace sur le parcours du centre.
Quelle saison choisir pour la visite
Chaque mois a ses vedettes. Le calendrier des floraisons établi par la Ville avec son botaniste Aurélien Bour donne ces repères :
- en hiver, les camélias s’ouvrent par milliers, et en février chimonanthes et hamamélis fleurissent sur des branches nues ;
- en mars, magnolias et pruniers prennent le relais ;
- en avril, la tulipe sylvestre, protégée au niveau national, fleurit dans la vigne reconstituée, près des glycines ;
- en mai, les tulipiers fleurissent haut dans leur allée ;
- en été, l’ombre des grands arbres accueille concerts et lectures de festivals ;
- en septembre, les plantes-cailloux fleurissent sous les serres arides ;
- à l’automne, les feuillages passent du doré à l’orange éclatant.
Pour une première visite, visez la fin de l’hiver, quand camélias et magnolias se succèdent, ou un après-midi d’octobre sous une lumière rasante. Les œuvres de Claude Ponti, hors Dépodépo, ne sont visibles qu’au printemps et en été.

Une balade avec des enfants, de la ménagerie aux pots géants
Avec des enfants, entrez par le sud. La ménagerie y accueille des chèvres naines, à caresser le matin uniquement, d’après la Ville, puis viennent une volière et des canards sauvages. Rappelez aux petits que nourrir les animaux des parcs est interdit : le pain ne convient pas à leur organisme.
Côté équipements :
- une aire de jeux près de l’accueil ;
- une pataugeoire et une plage verte ;
- les pots de fleurs géants de l’aire Dépodépo, dans la partie nord, où les petits se cachent, se faufilent et grimpent ;
- des sanitaires, dont un bloc accessible, un point d’eau potable et des tables de pique-nique.
Un jeu simple occupe les plus grands : retrouver les trois personnages de Jean Jullien, un par entrée. Le portail patrimonial de Nantes Métropole propose aussi un parcours de 12 étapes sur 1,1 kilomètre, au départ de l’entrée sud. Les allées stabilisées conviennent aux poussettes, surtout depuis la rue Sophie-Trébuchet. Pour d’autres idées, notre guide des sorties à Nantes en famille rassemble musées, parcs et transports.
Prochaine étape : un mercredi après-midi, entrée par la gare
Choisissez un mercredi ou un dimanche, les jours des visites guidées du Palmarium et des serres arides. Arrivez par la ligne 1, saluez l’Observateur dans son arbre, puis passez à l’accueil dès 13h30 pour réserver vos places et retirer le code des serres en visite libre. Gardez la fin d’après-midi pour l’allée des Tulipiers. Pour la suite du séjour, notre itinéraire de week-end à Nantes intègre le jardin à deux jours de visite, et le passage Pommeraye prolonge la promenade dans le centre historique.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour faire le tour du Jardin des plantes ?
Le parcours patrimonial proposé par Nantes Métropole relie douze étapes sur 1,1 kilomètre et demande environ 45 minutes, au départ de l’entrée sud. Ajoutez une demi-heure par visite guidée, puisque le Palmarium et les serres des milieux arides se découvrent chacun en trente minutes. Avec des enfants, la ménagerie, les jeux et les œuvres de Claude Ponti allongent vite la promenade : une demi-journée laisse le temps de tout voir sans courir.
Les chiens et les vélos sont-ils admis dans le jardin ?
Les chiens sont autorisés à condition d’être tenus en laisse, indique la fiche municipale du jardin. Les vélos ne circulent pas dans les allées : la Ville demande aux cyclistes de mettre pied à terre dans ses parcs, et plusieurs stations de vélos en libre-service entourent le site. Depuis le 1er juillet 2025, les espaces verts nantais sont aussi des espaces sans tabac. Dernière règle, souvent oubliée : nourrir les canards et les autres animaux reste interdit.
Comment suivre le cours municipal de botanique du jardin ?
La Ville propose depuis près de deux cents ans un cours de botanique destiné aux amateurs, réparti sur deux années, avec une approche scientifique du monde végétal. Les inscriptions restent ouvertes toute l’année, pour vingt places par an. La demande s’adresse à la maire de Nantes, par courrier ou par courriel, accompagnée d’une lettre de motivation. Un guide pratique du cycle 2026-2028, publié par la Ville, détaille le contenu des cours et les modalités d’inscription.
